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GSE | publié par Loyco | 31.08.2026

Risques psychosociaux: comment agir concrètement?

Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, les risques psychosociaux ne devraient plus être un sujet tabou. Stress, épuisement, conflits ou manque de reconnaissance: quels sont les signes à repérer et les leviers d’action à activer avant que la situation ne se dégrade? Un éclairage concret pour agir au bon moment.

La rentrée marque souvent un retour à un rythme soutenu. Les agendas se remplissent, les projets reprennent de plus belle et chacun retrouve progressivement ses repères après la pause estivale. Pour beaucoup, cette période est stimulante. Pour d’autres, elle peut aussi raviver une fatigue déjà présente, des tensions non résolues ou un sentiment de surcharge.

C’est justement à ce moment de l’année qu’il est utile de remettre sur la table un sujet essentiel, et pourtant encore parfois difficile à aborder dans le monde du travail : les risques psychosociaux (RPS).

Que sont les RPS?

Les risques psychosociaux regroupent l’ensemble des situations de travail susceptibles de porter atteinte à la santé mentale, mais aussi physique, des collaborateurs : stress chronique, surcharge de travail, manque de reconnaissance, conflits persistants, perte de sens, épuisement professionnel (burn-out), harcèlement moral ou sexuel ou encore discriminations.

Contrairement à certaines idées reçues, les RPS ne sont pas le signe d’une fragilité individuelle. Ils apparaissent généralement lorsqu’un déséquilibre s’installe entre les exigences du travail et les ressources dont dispose une personne pour y faire face : autonomie insuffisante, soutien limité, manque de reconnaissance ou marges de manœuvre réduites.

Cette distinction est importante, car elle rappelle que la prévention des RPS est avant tout une responsabilité collective. Agir sur l’organisation du travail est souvent le levier le plus efficace pour protéger durablement la santé des collaborateurs.

Les signaux auxquels une entreprise doit être attentive

Les risques psychosociaux s’installent rarement du jour au lendemain. Ils se manifestent souvent par des signaux faibles qui, pris isolément, peuvent sembler anodins, mais qui méritent une attention particulière lorsqu’ils se répètent. Alors, à quels signaux doit-on être attentif ?

Au niveau individuel

  • Fatigue persistante
  • Irritabilité inhabituelle
  • Isolement progressif
  • Baisse de motivation
  • Difficultés de concentration
  • Absences répétées de courte durée
  • Changements de comportement inhabituels

Au niveau collectif

  • Hausse de l’absentéisme
  • Rotation du personnel plus élevée
  • Tensions récurrentes au sein d’une équipe
  • Dégradation du climat de travail
  • Plaintes informelles qui remontent difficilement à la hiérarchie
  • Baisse de qualité ou d’efficacité sans cause organisationnelle évidente

L’évaluation des risques psychosociaux

Derrière une succession d’absences courtes ou un changement d’attitude se cache souvent une personne qui essaie encore de faire face malgré une difficulté. Repérer ces signaux tôt, c’est se donner la possibilité permet d’agir avant qu’une situation ne se détériore davantage.

Les statistiques d’absences sont d’ailleurs un excellent indicateur précoce. Elles font souvent partie des éléments analysés dans le cadre d’une évaluation des risques psychosociaux, au même titre que le climat de travail, le turnover ou les remontées des collaborateurs. Une hausse des absences courtes dans un même service mérite toujours d’être creusée avant qu’elle ne débouche sur des absences longue durée.

Ce que dit le droit suisse

En Suisse, la prévention des risques psychosociaux ne relève pas seulement d’une bonne pratique de gestion. Elle fait partie des obligations de l’employeur.

L’article 328 du Code des obligations (CO) impose à l’employeur de protéger la personnalité, la santé et l’intégrité personnelle des travailleurs et de prendre les mesures nécessaires à cette protection.

L’article 6 de la Loi sur le travail (LTr), complété par l’Ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3), précise cette obligation en matière de santé au travail. L’employeur doit organiser le travail et les conditions dans lesquelles il s’exerce de manière à préserver la santé physique et psychique des collaborateurs.

Concrètement, la prévention des RPS engage la responsabilité de l’entreprise au même titre que la sécurité physique sur un poste de travail.

Le SECO recommande la mise à disposition d’un dispositif de soutien confidentiel et indépendant permettant aux collaborateurs·rices d’obtenir de l’aide lorsqu’ils·elles sont confronté·es à une situation difficile. La Personne de Confiance en Entreprise (PCE) est aujourd’hui l’une des mesures les plus reconnues pour répondre à cet objectif.

La jurisprudence du Tribunal fédéral a par ailleurs confirmé que les employeurs doivent mettre en place des mesures concrètes et adaptées pour prévenir les atteintes à la personnalité et à la santé au travail. La Personne de confiance constitue l’un des dispositifs pouvant contribuer à satisfaire cette obligation, sans pour autant être imposée de manière formelle par la loi.

Au-delà du risque juridique, l’absence de prévention laisse souvent les collaborateurs·rices et les équipes seuls face à des situations qui, lorsqu’elles ne sont pas traitées, ont tendance à s’aggraver.

Comment agir concrètement?

La bonne nouvelle, c’ est que la prévention des RPS repose sur des leviers simples et progressifs, qui n’exigent pas de tout changer d’un coup. Une évaluation des risques psychosociaux permet souvent d’identifier les facteurs de risque présents dans l’organisation et de définir les mesures les plus adaptées avant de mettre en œuvre un plan d’action:

Les managers sont souvent les premiers témoins des changements de comportement. Les former à repérer les signaux faibles et à adopter une posture d’écoute constitue un levier essentiel de prévention.

Mettre à disposition un point de contact neutre, comme une Personne de Confiance externe, permet aux collaborateurs·rices de parler de leurs difficultés en dehors de la ligne hiérarchique, dans un cadre sécurisé.

Suivre régulièrement les données d’absentéisme, de rotation du personnel ou les résultats d’enquêtes de climat permet souvent d’identifier des tendances avant qu’elles ne deviennent problématiques.

Une politique claire concernant le respect au travail, la prévention du harcèlement et les démarches à suivre en cas de difficulté aide chacun à savoir où se situent les limites et vers qui se tourner.

La prévention ne se résume pas à une procédure ou à un règlement. Elle se construit dans les échanges quotidiens entre RH, direction, managers et collaborateurs·rices collaborateurs. Ouvrir régulièrement des espaces de discussion contribue à maintenir un climat de confiance et à détecter les difficultés plus rapidement.

Anticiper aujourd’hui, c’est préserver demain

Chez Loyco, notre équipe PSE (Promotion de la Santé en Entreprise) accompagne au quotidien des organisations de toutes tailles sur ces sujets : évaluation des risques psychosociaux, mise en place de dispositifs de Personne de Confiance, analyse des statistiques d’absences, care management, formation des managers, médiation et gestion de conflits, supervision d’équipe ou individuelle ou encore sensibilisation des équipes.

Une conviction remonterevient systématiquement du sur le terrain : plus une situation est identifiée tôt, plus les solutions sont simples et efficaces. À l’inverse, les difficultés laissées sans réponse tendent rarement à disparaître d’elles-mêmes.

Au fond, prévenir les risques psychosociaux ne consiste pas uniquement à respecter une obligation légale mais avant tout . Il s’agit surtout de créer un environnement dans lequel chacun·e se sent écouté·e, respecté·e et soutenu·e lorsqu’il·elle traverse une période difficile.

La rentrée offre une belle occasion de se poser quelques questions simples : les collaborateurs·rices collaborateurs savent-ils·elle à qui s’adresser en cas de besoin? Les managers sont-ils·elles outillés·ées pour repérer les signaux d’alerte? Disposons-nous d’une charte explicite de prévention des risques psychosociaux? Disposons-nous des moyens nécessaires pour agir avant qu’une situation ne se transforme en souffrance durable?

Parce qu’en matière de santé au travail, anticiper aujourd’hui, c’est préserver demain.

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NDLR: Cet article a été rédigé en français et traduit de manière automatique en anglais et en allemand.